Le bilan  

Mission #5

ILES DE PAIX Pérou

Après plusieurs missions de mesure d’impact en Asie et en Amérique Latine, I FEED GOOD relève un nouveau défi : réaliser un documentaire sur la transition agroécologique dans le contexte andin !


ILES DE PAIX 

Iles de Paix est une ONG belge fondée en 1962 par Dominique Pire, Prix Nobel de la Paix. Elle a pour but de soutenir des systèmes alimentaires qui respectent la planète et qui puissent nourrir les humains aujourd’hui comme demain.

 

Actuellement présente dans cinq pays d’Afrique et d’Amérique du Sud, l’association bénéficie directement à plus de 200 000 personnes. Sa mission se focalise sur le développement et la promotion de l’agriculture familiale durable et de l’alimentation responsable.

 

Au Pérou, Iles de Paix agit dans la région de Huánuco (200km au nord-est de Lima) sur 2 axes principaux : l’accès à l’eau des communautés et la transition agroécologique des producteurs.

On peut lire à l’entrée du siège péruvien « Si soñamos solos, es solo un sueño; Si soñamos juntos, comienza la realidad » : «  Si l’on rêve seul, cela reste un rêve, si l’on rêve ensemble, la réalité commence ».​

Lara à gauche et Julie à droite, les 2 reporters tout terrain pour Iles de Paix

Paysages du district d'Umari

OBTENTION DU PARTENARIAT

C’est en 2017 qu’ont lieu les premiers échanges avec le siège d’Iles de Paix en Belgique.

 

Nous parlons d’abord d’évaluation d’impact social, mais d’autres priorités se dessinent. L’ONG souhaite effectuer un travail de « capitalisation » autour des actions qu’elle a mises en place au Pérou pour la transition d'une agriculture conventionnelle (utilisation de pesticides, monocultures, etc) vers une agriculture agroécologique, plus respectueuse de l'environnement et de l'humain.

 

L’idée de réaliser une vidéo semble répondre à ce besoin, et nous entrons rapidement en contact avec Gaël, le responsable local pour réfléchir sur le format et le contenu.

Nous sommes déjà parties de France et avons commencé d'autres missions terrain lorsque le partenariat s'établit entre I FEED GOOD et Iles de Paix. Nous travaillons donc à distance sur la co-construction de la vidéo à l’aide d’une fiche projet.

Julie, un nouvel ami et leur nouveau lieu de travail

Paysage d'Umari, sur le chemin vers la ferme d'Alvino, un bénéficiaire

PRÉPARATION DE LA MISSION
 

Après un travail sur les objectifs, le public cible, les canaux de diffusion et d’autres points stratégiques de la réalisation, Gaël nous livre sa première version du scénario.

 

Il est clair qu’il ne s’agira pas d’une vidéo promotionnelle à destination des partenaires (ou pas seulement), mais bien d’un documentaire informatif retraçant les étapes et les difficultés de la transition.

 

Il s’agit en effet pour Iles de Paix de conserver des traces de l’évolution de ses projets, et de partager ses expériences pour qu’elles puissent bénéficier à d’autres producteurs et ONG dans leur cheminement vers un mode de production agroécologique. Et il semblerait que le festival AlimenTerre puisse être un des premiers diffuseurs de ce futur documentaire!

La maman de Diamar vérifie que les patates se préservent bien à l'ombre et au frais pour être semées à la prochaine saison

Nous définissons alors un objectif :

rendre compte de manière objective du processus de transition agroécologique entamé dans le district d’Umari par Iles de Paix et ses partenaires opérationnels locaux...

...tout en faisant le tour des contraintes et des difficultés rencontrées par les accompagnants comme par les bénéficiaires du programme. 

 

Le propos du documentaire se basera donc sur des témoignages (on vous dévoile les protagonistes un peu plus bas) et des images terrain.

Décor vallonné pour les terres de la famille de Diamar

Les terres cultivées de Diamar et sa famille

Le bétail de la famille de Diamar et leurs terres

Fèves, patates, maïs... Tout y pousse en bio

REPÉRAGES

Alors que le reste de l’équipe termine l’étude d’impact social menée pour IRRI Mexico (lien) au Mexique, Lara s’envole début juin pour le Pérou. C’est à Huánuco, au nord de Lima, qu’elle va retrouver Gaël, le responsable des programmes de l’ONG Iles de Paix au Pérou pour 3 semaines.

 

La première semaine est principalement consacrée aux :

  • Repérages : nous avons rencontré une dizaine de familles bénéficiaires et d’acteurs en lien pour identifier les futurs protagonistes du documentaire

  • Travail sur le scénario : intarissable de connaissances et fort de son expérience de plusieurs années, Gaël nous partage généreusement des informations sur le contexte et participe activement à la préparation du documentaire. Une réunion est aussi organisée pour nous présenter l’historique des actions menées par Iles de Paix. Nous formulons également un questionnaire d’interview de producteurs couvrant les différents enjeux de leur transition.

  • Premiers interviews et tournages : les premières images sont capturées au cours de la formation d’un nouveau « nucleo local », un groupe de paysans qui se solidarisent pour obtenir une certification biologique : le SGP.

Le SGP, ou "Sistema de Garantia Participativo" :

 un label qui garantie l'origine biologique des produits et qui s'obtient de manière participative.

L’arrivée de Julie sur le terrain à l’issue de cette première semaine annonce le début des choses sérieuses!

Tournage de l'interview de Daniel, coordinateur terrain 

LEs reporters tout terrain en action

EN IMMERSION AU COEUR DE LA TRANSITION

 

C’est dans le district d’Umari, à 2 heures de Huánuco en 4x4, que seront tournées la plupart des images et interviews du documentaire. Iles de Paix soutient la transition agroécologique de plus de 250 familles de petits producteurs (1 à 2 hectares de terrain en moyenne) dans la trentaine de communes du district.

 

Limités par le temps durant la phase de repérages, nous n’avons pu rendre visite qu’à un petit échantillon des bénéficiaires. Cela nous a cependant suffi pour identifier la plupart des familles qui accepteront de prendre part au documentaire.

 

Domitilia nous a reçues chez elle pour nous expliquer les étapes de sa transition agroécologique et nous faire visiter sa parcelle. Elle est titulaire de la certification biologique SGP

Nous commençons notre tournée à Huancaturpa, un hameau à 3100 mètres d’altitude. Nous passons 2 nuits dans une famille de bénéficiaires afin de mieux les comprendre et de développer une relation de confiance, propice aux interviews filmées.

 

Ce n’est pas toujours facile « d’apprivoiser » nos interlocuteurs, et particulièrement nos interlocutrices! Nous avons en effet constaté qu’il leur était souvent plus difficile de prendre la parole que leurs frères ou leurs maris ; pourtant, celles qui s’autorisaient à témoigner étaient redoutablement percutantes. #teasing

 

Une dizaine de familles d'agriculteurs vient de se constituer en "nucleo local" à Huancaturpa. Leurs objectifs : s'organiser pour s'entraider et obtenir leur certification biologique SGP

Nous découvrons les principales problématiques auxquelles font face les producteurs : dégradation généralisée des écosystèmes, manque d'organisation entre les producteurs, climat de méfiance, accès limité à de la matière organique, à la main d'oeuvre, poids des vendeurs de produits phytosanitaires, perte des connaissances en matière d'agriculture naturelle, maladies dans les cultures, endettement, déconnexion avec le marché et commercialisation difficile, faible productivité, longueur du processus de transition, problématique de la coca et des migrations avec la "selva"...

 

Nous apprenons beaucoup sur le contexte socio-économique de la région de Huánuco, particulièrement marqué par des politiques agricoles imposées par Lima mais peu adaptées au contexte local.

 

Malgré tout, c’est un « nucleo local » fermement engagé sur la voie de la transition que nous rencontrons.

Nos rencontres à Huancaturpa , un des hameaux les plus éloignés du district

Notre exploration continue chez Diamar. Cette maman de deux petites filles gère les terres de sa famille en bio. Bien qu’encore principalement en mono ou bi-culture, pas question pour elle de verser la moindre goutte de produit chimique : elle fabrique son propre compost “amélioré”, le bocashi. Elle reçoit chez elle les membres de son « nucleo local » pour des formations sur l’agriculture biologique.

C’est une femme pleine de convictions, politiquement engagée et consciente de la complexité des enjeux agricoles qui nous livre une longue interview, marquante d’exemplarité.

Julie goûte le "tokosh", de la pomme de terre fermentée

Diamar a récolté quelques épis de "choclo" (maïs) pour la photo !

Julie, Diamar et sa fille

Diamar nous a fait essayer la tenue traditionnelle de la jeune femme célibataire andine!

Après un détour par l’apiculteur biologique de la localité, nous rejoignons les hauteurs de la ferme d’Alvino. Sa famille est une des plus « avancées » dans sa transition : cultures 100% bio, associations végétales, autonomie alimentaire quasi totale, biol et biogas grâce à leur biodigesteur…

 

Ce jeune homme nous explique que c’est en faisant des recherches sur internet (il a installé une parabole pour « avoir les commodités de la ville en étant à la campagne ») qu’il a compris l’intérêt, la pertinence et la nécessité de l’agroécologie.

Ce n'est pas la première fois qu'Alvino est interviewé face caméra et ça se voit !

Nous poursuivons nos rencontres avec la famille de Herminio, Lucia et leurs 3 enfants. Ils produisent principalement de la grenadille, un petit fruit liane proche du fruit de la passion.

 

Cette culture typique de la région était traditionnellement cultivée dans les arbres, mais le rendement a été multiplié depuis l’intervention d’Iles de Paix : des lignes métalliques ont désormais été installées pour une culture horizontale et à hauteur d’Homme.

La culture de grenadilles sur lignes métalliques facilite la récolte mais permet également de maîtriser l'irrigation (installation d'un système de goutte-à-goutte)

Les grenadilles sont mûres une fois qu'elles ont atteint leur couleur oranger

Nous sommes touchées par l’engagement d’Herminio. Malgré les difficultés économiques, ses prises de conscience des enjeux sanitaires et environnementaux liés à l’agriculture biologique l'ont fermement amené à prendre le chemin de la transition. 

 

Nous le retrouverons quelques jours plus tard au festival de la grenadille, un événement annuel pour promouvoir les producteurs certifiés SGP.

Herminio devant le potager de sa maison

UN SUJET, UN MULTITUDE D'ACTEURS

Nous avons ainsi rencontré une dizaine de familles à différents stades de la transition. Le documentaire reposera sur le témoignage de différents producteurs et productrices que nous avons interviewés, mais aussi sur celui de leurs homologues en agriculture conventionnelle*. Il nous semble en effet intéressant d’interroger ceux qui sont encore dans le modèle prédominant afin de mieux en comprendre ses avantages et ses limites.
 

Afin de compléter ces points de vue, nous avons donné la parole à des représentants des pouvoirs publics locaux : le maire du district, un membre du ministère de l’agriculture de Huánuco, le chargé du développement économique du territoire et sa collaboratrice également productrice… mais aussi à des partenaires directs d’Iles de Paix comme le président d’IDMA, une ONG opérationnelle travaillant aux côtés d’Iles de Paix.

 

Un atelier sur les politiques publiques rurales locales à la Direction Régionale de l’Agriculture nous a permis d’interviewer des techniciens, coordinateurs et ingénieurs des ONG locales, ainsi qu’une agronome.

 

Leurs approches plus « macro » nous ont offert une vision globale des enjeux de la transition agroécologique à Umari.

*ces interviews seront réalisées lors de la seconde phase de la mission en septembre 2018

De haut en bas, de droite à gauche : Miguel, Medardo, Julio Javier, Liseth, Elsa et Wilmar. Ils sont maire, agronome, coordinateur terrain ou président d'ONG et ils nous ont livré leurs convictions dans des interviews de parfois près de 2 heures !

Enfin, nous avons interviewé une médecin pour aborder l’enjeu sanitaire autour de la transition agroécologique dans le district.

La jeune médecin de Tambillo, ville principale d'Umari, constate les effets de la malnutrition sur la santé de ses patients, principalement des paysans du district

FIN DE LA MISSION​

Ces 3 intenses semaines de tournage se sont clôturées par un atelier-dîner « comida sana » avec nos nouveaux amis. Il a été animé par le chef Christian Bazan qui travaille en collaboration avec Iles de Paix pour promouvoir le label SGP.

Pendant 3h, Christian cuisine avec un dizaine de participants un succulent repas basé sur des produits locaux et agroécologiques

Christian travaille également comme traiteur et il source ses aliments à la féria hebdomadaire de Huánuco. Une allée entière y est dédiée aux producteurs avec la certification SGP. Ils sont chaque année plus nombreux mais rencontrent encore d’importantes difficultés pour valoriser leur production biologique, généralement vendue quasiment au prix du conventionnel.

 

Le développement des canaux de commercialisation est un des principaux axes de travail d’Iles de Paix, que Christian appuie en sensibilisant les consommateurs de la ville aux produits SGP.

Allée des producteurs certifiés bio grâce au SGP au marché du samedi matin de la ville de Huánuco 

BILAN ET PROCHAINES ÉTAPES

Cette nouvelle mission est encore d’un grand enrichissement pour I FEED GOOD, mais aussi pour ses disques durs : nous repartons avec plus de 5 gigas de photos, 100 gigas de vidéos par caméra (2) et 18 interviews filmées.

 

Vous l’aurez peut-être deviné, il nous faut maintenant faire le montage du documentaire. Pour cela, Lara reviendra en septembre 2018 à Huánuco pour finaliser le travail : dernières interviews (membres d’Iles de Paix, agriculteurs conventionnels, vendeurs de produits phytosanitaires), plans de coupe manquants, voix off, génériques, montage, mixage, étalonnage et livraison de l’oeuvre finale début octobre !

 

En attendant, un (gros) travail de retranscription est en cours pour faciliter la sélection des interviews au montage.

Les meilleures photos de Julie et Lara, de la fête de la grenadille aux bureaux d'Iles de Paix en passant par Umari

Nous tenons à remercier chaleureusement Iles de Paix et particulièrement Sébastien et Gaël pour leur excellente coordination durant notre séjour, leur disponibilité et la confiance qu’ils nous ont accordée.

Une fois de plus, nous avons vécu une expérience professionnelle et une aventure humaine hautes en couleurs ! 

Lara a déjà hâte de retrouver toute l’équipe pour finir de concocter LE documentaire le plus impactant d’Umari !

A découvrir dès octobre 2018 chez Iles de Paix...

Et en attendant la suite de la mission, suivez nos aventures au Brésil sur Facebook

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